Définition, cause & traitement de la spasticité

La spasticité est un trouble moteur qui peut impacter la qualité de vie d’un patient de manière significative. Toutefois, il existe différents moyens de prendre en charge ce symptôme et de limiter les difficultés qu’il peut induire au quotidien. Dans cet article, nous vous proposons donc de découvrir les différentes origines de la spasticité, ses symptômes caractéristiques, ainsi que les techniques de prise en charge et de rééducation neurologique utilisées aujourd’hui, dans le cadre du traitement de cette pathologie. 

L’essentiel à retenir
La spasticité est une raideur musculaire involontaire liée à une atteinte du système nerveux central (AVC, sclérose en plaques, lésion médullaire, paralysie cérébrale).Elle est variable dans le temps et peut être aggravée par des “épines irritatives” (infection, douleur, stress, froid).Sa prise en charge est pluridisciplinaire : médicaments, kinésithérapie, rééducation neuromotrice et chirurgie (dans les cas les plus sévères).La reprogrammation neuromotrice Allyane agit sur le contrôle moteur volontaire et complète la rééducation conventionnelle, de façon non invasive.

Définition de la spasticité

La spasticité se définit par des contractions musculaires réflexes et de vitesse dépendante. Celles-ci se traduisent par une raideur musculaire à l’étirement, portant généralement sur les muscles des membres présentant un déficit moteur. Cette pathologie se caractérise par sa grande capacité de variation dans le temps : ses symptômes, d’intensité variable, peuvent survenir pendant la journée, mais également pendant la nuit, et peuvent ainsi impacter de manière significative la qualité du sommeil de la personne atteinte.Ce symptôme de spasticité peut être retrouvé dans la suite de certaines pathologies touchant la voie pyramidale, comme la sclérose en plaques ou dans le cadre de séquelles d’un accident vasculaire cérébral (AVC).

Plus largement, la spasticité est une complication fréquente des atteintes du système nerveux central : elle concernerait près de 80 % des personnes atteintes de sclérose en plaques, environ 80 % des blessés médullaires, 70 à 80 % des enfants présentant une paralysie cérébrale et près de 30 % des patients après un AVC. En outre, certains facteurs connus aussi sous le nom d’épines irritatives (le stress, la fièvre, les blessures cutanées (escarres), des infections (urinaires, dentaires)), peuvent avoir un impact important sur le niveau de spasticité d’un patient.

Les différentes conséquences de la spasticité

Les principales conséquences de la spasticité sont l’hypertonie musculaire et l’augmentation des réflexes ostéotendineux. Ces différents troubles peuvent avoir des répercussions significatives sur le patient, notamment :

  • des spasmes ;
  • des contractures ;
  • une posture physique anormale ;
  • des douleurs, etc..

L’impact de la spasticité sur la qualité de vie d’un patient souffrant de cette pathologie est donc bien réel. Cette dernière peut, en outre, générer des troubles moteurs et une perte de dextérité dans les doigts. Ces effets sont susceptibles de rendre les gestes du quotidien de plus en plus difficiles à effectuer pour un patient atteint de spasticité, sans oublier les conséquences psychologiques et la perte d’estime de soi que ces difficultés peuvent également engendrer.

Où la spasticité se manifeste-t-elle ?

La spasticité peut toucher le membre supérieur comme le membre inférieur. Les zones les plus fréquemment concernées sont le coude (chez environ 79 % des patients), le poignet et la cheville (environ 66 % chacun). D’autres articulations peuvent être atteintes : l’épaule, la main, le genou, le pied ou la hanche. Au niveau des membres inférieurs, la spasticité se traduit souvent par une flexion du genou ou de la hanche, un pied équin ou un pied bot spastique ; au niveau des membres supérieurs, par une flexion du coude ou du poignet, un poing serré ou une épaule en rotation interne.

Au niveau des membres inférieurs (membre porteur), les muscles le plus souvent touchés sont ceux de la chaîne d’extension : triceps sural, quadriceps et adducteurs. Les répercussions apparaissent surtout à la marche : lenteur, instabilité, démarche « robotisée », difficulté à poser le pied au sol, voire impossibilité de se tenir debout.

Au niveau des membres supérieurs, ce sont les muscles de la chaîne de flexion qui sont concernés : grand pectoral, biceps, brachial, fléchisseurs du poignet et des doigts, pronateurs, adducteur du pouce. Les conséquences sont lourdes au quotidien : main peu ou pas fonctionnelle, membre replié sur lui-même, gêne pour les repas, la toilette ou l’habillage.

À noter : la spasticité n’est pas toujours néfaste. Après un AVC, elle peut être le premier signe de réapparition d’une motricité, et une hypertonie du quadriceps peut, par exemple, permettre un verrouillage du genou utile à la station debout. C’est pourquoi on ne cherche à la réduire que lorsqu’elle devient gênante.

Comment diagnostique-t-on la spasticité ?

Le diagnostic de la spasticité repose sur un examen clinique réalisé par un médecin spécialiste, le plus souvent un médecin de médecine physique et de réadaptation (MPR) ou un neurologue. L’évaluation se déroule en deux temps : l’identification de la cause (AVC, sclérose en plaques, lésion médullaire, paralysie cérébrale…), puis la mesure de l’intensité du trouble.

Le praticien évalue la résistance du membre à un mouvement passif et recherche l’exagération du réflexe d’étirement. La spasticité est une hypertonie dite « élastique » et vitesse-dépendante : comme un ressort, la résistance du muscle augmente avec la vitesse de l’étirement. Elle est quantifiable au lit du patient à l’aide d’échelles cliniques de référence telles que l’échelle d’Ashworth (modifiée), l’échelle de Held ou celle de Tardieu. Cette mesure est essentielle car elle conditionne les objectifs du traitement : une spasticité n’est pas systématiquement traitée, seule une spasticité réellement gênante au quotidien justifie une prise en charge active, définie avec le patient.

Quelles peuvent être les causes de la spasticité ?

Selon le Dr. Laura Terrier, neurochirurgienne au CHU Charles Nicolle de Rouen, la spasticité peut être induite par un trouble nerveux en lien avec les neurones de la boucle d’étirement des muscles à commande volontaire, ou d’une difficulté de transmission des informations entre le muscle et le nerf (déficience de la conduction nerveuse). Ces types de problèmes peuvent survenir dans différents cas de figure, notamment suite à :

  • un accident vasculaire cérébral (AVC) ;
  • une forme évoluée de sclérose en plaques ;
  • des lésions de la moelle épinière (traumatisme, tumeur, etc.) ;
  • une paralysie cérébrale.

Les différentes prises en charge possibles dans le cadre du traitement de la spasticité

Pour traiter efficacement la spasticité, plusieurs approches peuvent être envisagées en fonction de l’état du patient et de la gravité de la pathologie. La prise en charge est toujours pluridisciplinaire et personnalisée : elle associe, à des degrés divers, kinésithérapie, rééducation neuromotrice, traitements médicamenteux, appareillage et, dans les cas les plus sévères, chirurgie. La première étape consiste systématiquement à rechercher et traiter une éventuelle épine irritative aggravante.

Les traitements médicamenteux

Les traitements médicamenteux jouent un rôle essentiel dans la gestion de la spasticité, bien que leur efficacité puisse varier en fonction des patients et des causes sous-jacentes. Le tableau ci-dessous résume les principaux médicaments utilisés :

La rééducation : un pilier du traitement de la spasticité

La rééducation joue un rôle clé dans le traitement de la spasticité. Le kinésithérapeute peut, par exemple, appliquer des techniques de mobilisation, d’étirement et de renforcement musculaire pour améliorer la mobilité articulaire et réduire la sensation de raideur. Ces exercices sont particulièrement importants pour maintenir un équilibre musculaire chez le patient et prévenir les contractures.

La neurodynamique et les techniques de mobilisation nerveuse peuvent également aider à cibler les foyers de spasticité en aidant le patient à travailler sur les structures nerveuses pour améliorer sa coordination motrice. Des activités physiques adaptées, comme la marche, l’aquagym ou l’utilisation de vélos d’appartement, peuvent aussi aider à renforcer la coordination motrice et réduire la spasticité.

À noter : l’application de froid (cryothérapie) est également un moyen simple et fréquemment recommandé pour diminuer temporairement la spasticité, notamment chez les patients atteints de sclérose en plaques.

La neurochirurgie : une prise en charge de la spasticité pour les cas sévères

Lorsque la spasticité ne répond pas aux traitements médicamenteux et rééducatifs, la neurochirurgie peut alors être envisagée. La rhizotomie sélective est une technique régulièrement utilisée dans ce cas de figure. Elle consiste à couper certaines racines nerveuses responsables de l’hyperactivité musculaire, particulièrement dans les cas de spasticité localisée. Cette procédure peut être réalisée sous guidance radiologique ou par voie chirurgicale traditionnelle.

Le concept de Bobath, par exemple, tend à inhiber, entre autres, la spasticité pour améliorer la motricité volontaire des membres. Le contrôle de la posture suit un axe de progression qui commence par la position allongée, jusqu’à atteindre le stade de la marche.

À l’inverse, les exercices du concept de Brunnström tendent à utiliser la spasticité pour exploiter les capacités du patient afin de lui permettre de se tenir debout et déambuler le plus rapidement possible.

La Thérapie Allyane dans le cadre du traitement de la spasticité

La méthode de reprogrammation neuromotrice Allyane propose une nouvelle approche dans le cadre de la prise en charge de la spasticité. Il s’agit d’un outil complémentaire aux principes de rééducation, qui permet d’obtenir des résultats cliniques sur court et moyen terme.

En effet, les neurosciences ont permis de mettre en lumière l’impact de la stimulation proprioceptive dans la conception d’un mouvement et celui de l’imagerie mentale (en particulier de l’imagerie motrice) pour maintenir les affluences neuro-sensitives et les performances motrices par entraînement cortical.

Concrètement, la thérapie Allyane associe l’écoute de sons de basse fréquence à un travail d’imagerie motrice afin de réactiver les zones du cortex moteur primaire impliquées dans la commande du mouvement. En s’appuyant sur les mécanismes de neuroplasticité, elle vise à lever les inhibitions motrices et à restaurer un schéma moteur volontaire de meilleure qualité, là où les approches conventionnelles agissent surtout sur la réduction passive du tonus. Cette approche non invasive et indolore s’intègre en complément du suivi kinésithérapique et médical, sans s’y substituer.

Cette logique de restauration du contrôle neuromusculaire est au cœur de la prise en charge proposée par Allyane, également déclinée pour les atteintes neurologiques centrales et les pathologies orthopédiques (genou, cheville, épaule).

Résultats cliniques observés

Sur la spasticité du triceps sural, la prise en charge par la méthode Allyane a permis une diminution moyenne de 1,41 point du score d’Ashworth, obtenue chez 91 % des patients traités et maintenue à un mois chez 70 % d’entre eux (travaux présentés par A.-L. Chatain, ESO-WSO 2020, e-JNLF 2020 et SFNV 2019).

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FAQ

Quelle est la différence entre la spasticité et la rigidité ?

La spasticité et la rigidité sont deux des troubles moteurs liés à des lésions du système nerveux central. Elles diffèrent dans leur origine et leurs manifestations. La spasticité se caractérise par une augmentation du tonus musculaire et l’apparition de réflexes exagérés. Elle est souvent déclenchée par un mouvement rapide ou une sollicitation et est liée à une dysfonction des voies nerveuses motrices. La rigidité, quant à elle, se manifeste plutôt par une résistance uniforme du muscle pendant un mouvement, indépendamment de sa vitesse, et est généralement associée à des pathologies neurologiques, comme la maladie de Parkinson.

Quand survient la spasticité ?

La spasticité survient généralement après une lésion du système nerveux central, affectant les voies motrices responsables de la régulation du tonus musculaire. Elle est souvent observée à la suite de pathologies neurologiques, comme les accidents vasculaires cérébraux (AVC), les traumatismes médullaires, la sclérose en plaques, les lésions cérébrales traumatiques ou les maladies neurodégénératives (comme la paralysie cérébrale). La spasticité peut se développer progressivement, souvent après une période de récupération post-accident, et se manifeste par une raideur musculaire et des contractions involontaires.

Qu’est-ce qui augmente la spasticité ?

Plusieurs facteurs peuvent augmenter la spasticité et rendre son contrôle plus difficile. Parmi les principaux :

  • les infections (urinaires, pulmonaires ou autres) ;
  • la douleur, qu’elle soit musculaire, articulaire ou d’une autre origine ;
  • les changements de température, en particulier le froid ;
  • certains déséquilibres hormonaux ou métaboliques (troubles électrolytiques) ;
  • les mauvaises positions prolongées ou les mouvements brusques ;
  • le stress et l’état émotionnel ;
  • le manque de mouvement et de stimulation musculaire.

Ces facteurs doivent être gérés soigneusement pour prévenir les crises de spasticité et optimiser la prise en charge du patient.

La spasticité peut-elle disparaître ou se guérir ?

La spasticité résulte d’une atteinte définitive du système nerveux central : elle ne « disparaît » donc pas spontanément. En revanche, ses manifestations et son retentissement peuvent être nettement réduits par une prise en charge adaptée. L’objectif n’est pas de la supprimer à tout prix — une spasticité non gênante n’a pas à être traitée — mais de limiter la gêne, prévenir les complications (contractures, déformations) et favoriser la récupération motrice.

Spasticité et sclérose en plaques : que faire ?

La spasticité est l’un des symptômes les plus fréquents de la sclérose en plaques. Sa prise en charge associe rééducation (étirements, kinésithérapie, auto-rééducation), application de froid et, si nécessaire, traitements médicamenteux adaptés au caractère diffus ou localisé. Une augmentation brutale de la spasticité doit faire rechercher une épine irritative (infection urinaire, plaie, constipation…) avant tout. La reprogrammation neuromotrice peut compléter cette prise en charge en agissant sur le contrôle moteur volontaire.

La spasticité est-elle douloureuse ?

Oui, elle peut l’être. Lorsqu’un muscle reste contracté trop longtemps ou trop intensément, il peut devenir douloureux, et les spasmes sont souvent décrits comme des crampes. La douleur n’est toutefois pas systématique et son intensité varie fortement d’une personne à l’autre selon l’étendue et la localisation des lésions.

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